Les responsables du secteur aérien de la région Asie-Pacifique s’accordent sur des mesures historiques visant à améliorer la sécurité, la durabilité et la responsabilité
Trente-quatre États s’engagent à respecter un cadre visant à faire avancer les priorités de l’aviation
La dernière Conférence des directeurs généraux de l’aviation civile de la région Asie-Pacifique a donné naissance à un cadre sans précédent destiné à suivre et à rendre compte des progrès réalisés par les États en matière de sécurité et de sûreté de l’aviation, de durabilité et de renforcement des capacités.
Conformément à la vision de l’OACI d’un transport aérien pour toutes et tous d’ici 2050, avec un objectif de zéro décès et une réduction à zéro des émissions nettes de carbone, ce cadre permettra aux États d’évaluer les progrès accomplis, de recenser les défis et de mettre en commun leur savoir-faire et leurs ressources.
En présence du Président du Conseil de l’OACI, M. Toshiyuki Onuma, et du Secrétaire général, M. Juan Carlos Salazar, cette conférence d’une semaine a réuni les directeurs généraux de l’aviation civile de 34 États, aux côtés de plus de 450 hauts responsables publics, experts techniques et représentants d’organisations internationales et du secteur privé. Elle s’est ouverte à Kuala Lumpur (Malaisie) le 7 septembre 2026 et comprenait une manifestation parallèle consacrée aux partenariats autour des défis régionaux, notamment les difficultés que rencontrent les petits États insulaires en développement.
« Pour poursuivre son développement, le secteur aérien a besoin d’un cadre politique mondial adapté. Nous avons donc besoin de la participation active et des perspectives des États de la région Asie-Pacifique », a déclaré M. Onuma. « Cela est d’autant plus important que la région constitue le plus grand marché mondial du transport aérien.
L’OACI continuera de promouvoir la connectivité du transport aérien et sa libéralisation dans toute la région Asie-Pacifique, dans la mesure où l’aviation est un catalyseur de l’intégration économique, du commerce, du tourisme et du développement durable », a fait observer M. Salazar.
Le Ministre malaisien des transports, M. Anthony Loke Siew Fook, a indiqué que le pays hôte œuvre pour devenir un pôle du transport aérien dans la région, citant la sécurité, la modernisation et les partenariats comme priorités.
Au-delà des engagements contraignants, la Conférence a aussi formulé 44 recommandations destinées à orienter la mise en œuvre et a reconnu 21 enjeux et priorités connexes.
Les progrès réalisés seront examinés lors de la prochaine conférence, qui se tiendra l’année prochaine au Laos.
Engagements en vue de la réalisation de la vision de l’OACI pour 2050
Les directeurs généraux de l’aviation civile ont arrêté des mesures relatives à la supervision de la sécurité et à la gestion des risques, ainsi qu’à l’harmonisation des politiques nationales avec les objectifs régionaux en matière de sécurité. Ils élargiront la participation aux programmes de sécurité reconnus par l’OACI, notamment son programme visant à évaluer l’efficacité des organismes régionaux de supervision de la sécurité de l’aviation et d’enquête sur les accidents. Ils ont aussi plaidé pour le renforcement des accords de partage de données, une supervision accrue des expéditions de batteries au lithium, de nouvelles normes en matière de gestion des ressources en équipe, ainsi que des mesures concernant la gestion des risques de fatigue, la sécurité aéromédicale, la coordination civilo-militaire et les interférences avec les systèmes de navigation par satellite.
Les mesures de renforcement de la sécurité portent sur la cybersécurité, l’action concertée face aux risques que présentent les aéronefs non habités et les systèmes antiaériens portables (MANPADS), ainsi que la protection des réseaux de fret et de poste. Les États adopteront en outre des systèmes numériques d’identification aux frontières, mettront en place des programmes relatifs aux données sur les passagers et actualiseront les protocoles applicables aux passagers non admissibles.
Réaffirmant leur engagement en faveur des aspirations « zéro émission nette de carbone » de l’OACI, les directeurs généraux de l’aviation civile sont convenus de renforcer les plans d’action nationaux, ainsi que le déploiement des carburants d’aviation durables (SAF) et des carburants d’aviation à moindre émission de carbone (LCAF), en élargissant leur participation aux programmes de l’OACI relatifs au climat et aux émissions.
Ils ont aussi réaffirmé leur soutien au CORSIA, le régime mondial de mesures basées sur le marché de l’OACI pour les émissions de carbone, et au renforcement de la coopération en matière d’adaptation aux changements climatiques.
Les délégués ont pris acte qu’il était nécessaire de rationaliser la coordination du trafic aérien d’un côté et de l’autre des frontières, de garantir la résilience de la chaîne logistique et de moderniser les systèmes de navigation aérienne. Ils sont convenus de faire progresser la mise en œuvre du Plan de navigation aérienne pour l’Asie-Pacifique, de remédier aux contraintes en matière de capacité de l’espace aérien et des aéroports, et d’accélérer le déploiement de nouvelles technologies telles que les opérations basées sur trajectoire et l’intelligence artificielle dans la gestion du trafic aérien.
Afin de soutenir la mise en œuvre, les États renforceront leur coopération en matière de formation, développeront les programmes de perfectionnement des formateurs et favoriseront l’accès des femmes et des groupes sous-représentés. L’importance du soutien à la mise en œuvre pour les États en développement et les petits États insulaires en développement (PEID) a été soulignée. La conférence a notamment donné lieu à une présentation du programme à jour consacré aux PEID du Pacifique et à un dialogue sur les partenariats très fructueux, au cours duquel les PEID et les partenaires de développement ont exprimé leur soutien total aux activités de l’OACI.