Atténuer les risques qui pèsent sur l’aviation en zone de conflit en soutenant la santé mentale du personnel, l’OACI lance un appel
Montréal, le 9 avril 2026 – L’importance du stress mental ressenti par le personnel aéronautique évoluant dans les zones de conflit ou à proximité de celles-ci sera réduite grâce aux consignes urgentes supplémentaires de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), lesquelles visent à atténuer les risques et à préserver la sécurité des opérations aériennes dans ces zones. Ces consignes, qui ont été publiées ce jour, répondent aux situations de conflit que connaissent actuellement diverses régions du monde.
Les effets que les vols en zone de conflit ont sur la santé mentale sont prévisibles et cumulatifs, et ils peuvent affecter sérieusement la sécurité. La pression causée par ce type de conditions de travail peut entraîner des niveaux élevés de stress, d’anxiété et de fatigue chez le personnel de l’aviation, toutes fonctions confondues (équipages de conduite, contrôleurs de la circulation aérienne, équipages de cabine, personnel de maintenance ou personnel au sol). Si on n’y prête pas attention, ces effets peuvent à la fois nuire au bien-être des individus et compromettre la sécurité des opérations.
Sachant l’urgence du problème, l’OACI appelle les États, les organisations de l’aviation et les partenaires du secteur de la santé publique à collaborer pour mettre en œuvre des stratégies préventives, fondées sur des données probantes, qui promeuvent le bien-être mental et renforcent la résilience du personnel de l’aviation. Elle encourage par ailleurs les acteurs du secteur à prêter assistance aux passagers susceptibles d’être affectés par des facteurs de stress liés aux conflits.
Les consignes décrivent une approche à plusieurs niveaux visant à réduire le stress mental du personnel de l’aviation et à atténuer les risques en zone de conflit, et mettent l’accent sur la nécessité d’une action coordonnée aux niveaux institutionnel, opérationnel et individuel. L’OACI exhorte les organisations à adopter des politiques claires qui donnent la priorité au bien-être mental et à envisager de modifier leurs activités en vue de réduire au minimum tout stress indu. Mettre à la disposition du personnel de manière permanente des ressources qualifiées en matière de soutien et de santé mentale et lui dispenser une formation ciblée permettant de reconnaître les signes précoces de détresse et d’y répondre, constituent les fondements d’une amélioration durable.
Dans ses consignes, l’OACI insiste sur le fait que le bien-être mental est à la fois un devoir de diligence et une exigence de sécurité. Le renforcement de la résilience personnelle à tous les niveaux devrait permettre de réduire le risque d’erreur et d’éviter que des problèmes courants ne dégénèrent en événements critiques pour la sécurité. En créant une culture de soutien, les organisations peuvent aider à rendre les opérations aériennes plus sûres et plus stables, même dans des environnements complexes.
L’OACI souligne par ailleurs l’importance d’offrir de l’aide rapidement après un incident, en encourageant les États et les acteurs de l’aviation à fournir un accès à des soins psychologiques professionnels ainsi qu’à un soutien par les pairs, et à prévoir un temps de récupération approprié. Les symptômes immédiats du stress résultant d’une exposition prolongée ou répétée à un conflit, s’ils ne sont pas traités, peuvent s’aggraver et avoir des effets à plus long terme sur la sécurité et les opérations.
Une communication efficace est considérée essentielle pour instaurer et maintenir la confiance. L’OACI encourage les dirigeants à privilégier le dialogue, en veillant à ce que le personnel ait la possibilité de discuter des problèmes opérationnels et de faire part de ses préoccupations sans craindre d’être stigmatisé. Des explications claires sur les décisions opérationnelles, ainsi que la communication régulière d’informations sur les dispositifs de soutien offerts, aident le personnel à traverser les périodes d’incertitude et de changement.
L’OACI continuera de suivre l’évolution de la situation, à solliciter l’avis de ses partenaires et à affiner ses recommandations pour tenir compte des risques naissants et des enseignements retenus.
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À propos de l’OACI
À la tête des initiatives visant à faire de l’aviation civile internationale un facteur incontournable du développement social et économique, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) accélère les progrès vers l’objectif de zéro décès et l’objectif de réduction à zéro des émissions nettes de carbone dans le transport aérien au bénéfice de tous et partout, dans la droite ligne de son plan stratégique à long terme pour 2050. L’OACI collabore avec ses 193 États membres et toutes les parties prenantes du transport aérien pour élaborer des normes et des politiques applicables à l’aviation civile internationale et entreprend des activités de planification et de renforcement des capacités à l’appui de leur mise en œuvre par les États membres.
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