La COVID-19 fait chuter le nombre total de passagers de 60 % en 2020 et continue à faire des ravages sur le plan de la mobilité internationale

 

Montréal, le 15 janvier 2021 – Ayant achevé ses dernières analyses économiques sur les incidences de la COVID-19 , l’OACI, institution des Nations Unies spécialisée en aviation civile, a confirmé que le trafic international de passagers avait subi une baisse vertigineuse de 60 % en 2020, ce qui ramène les voyages aériens aux niveaux de 2003.


L’OACI constate qu’avec la baisse de 50 % de la capacité en sièges en 2020, le nombre total de passagers a reculé de 60 %, et l’on compte seulement 1,8 milliard de voyageurs aériens au cours de cette première année de la pandémie, loin des 4,5 milliards de 2019.


Les chiffres de l’OACI indiquent aussi que les compagnies aériennes ont subi des pertes financières de 370 milliards de dollars imputables aux effets de la COVID-19, les aéroports et les fournisseurs de services de navigation aérienne (ANSP) ayant également déploré des pertes de 115 milliards et 13 milliards respectivement.


L’effondrement de la demande en voyages aériens dû à la pandémie remonte à janvier 2020, mais il ne concernait alors qu’un faible nombre de pays. Malheureusement, le virus ayant continué de se propager sur toute la planète, les activités du transport aérien étaient quasiment paralysées à la fin du mois de mars.


Les mesures de confinement à grande échelle, la fermeture des frontières et les restrictions de voyage établies dans le monde entier expliquent qu’en avril, le nombre total de passagers avait chuté, par rapport aux niveaux de 2019, de 92 %, moyenne de la baisse de 98 % du trafic international et de 87 % des voyages aériens intérieurs.


Arrivé au plus bas en avril, le trafic de passagers a modérément repris pendant la saison estivale.


Ce rebond ne fut cependant que de courte durée : la croissance a marqué le pas, puis le trafic a replongé en septembre, l’arrivée de la deuxième vague d’infections dans de nombreuses régions signifiant le retour de mesures restrictives.


La reprise du secteur est devenue encore plus vulnérable et instable dans les quatre derniers mois de 2020, annonçant une récession généralisée à double creux pour cette année.


Disparités entre les reprises à l’échelle nationale et internationale


L’OACI a par ailleurs noté que les voyages aériens internationaux et intérieurs ont été affectés différemment du fait de l’instauration de mesures internationales plus strictes.


Elle a indiqué que les voyages intérieurs ont été plus résilients et qu’ils ont primé dans les scénarios de reprise du trafic, particulièrement en Chine et dans la Fédération de Russie, où les nombres de passagers intérieurs sont déjà revenus aux niveaux d’avant la pandémie.


Dans l’ensemble, le trafic de passagers a chuté de 50 % sur les vols intérieurs à l’échelle planétaire, et de 74 % sur les vols internationaux, ce qui représente 1,4 milliard de passagers en moins.


Fin mai 2020, les régions Asie-Pacifique et Amérique du Nord étaient à la tête de la relance mondiale en nombre total de passagers, essentiellement en raison de l’importance de leurs marchés intérieurs. L’Europe a connu une reprise temporaire mais la baisse a continué de plus belle dès le mois de septembre. En Amérique latine et aux Caraïbes, le trafic a enregistré des améliorations au quatrième trimestre, alors qu’en Afrique et au Moyen-Orient, la reprise a été moins solide.

 

Évolution du trafic mondial de passagers
1945 – 2020

 

 

Difficultés financières et sombres perspectives


La paralysie des sources de revenus provoquée par l’effondrement du trafic aérien a mis à rude épreuve les trésoreries de toute la chaîne de valeurs de l’aviation, ce qui remet en question la viabilité financière du secteur et menace des millions d’emplois dans le monde.


De graves répercussions en cascade ont aussi frappé les marchés mondiaux du tourisme, étant donné qu’avant la pandémie plus de la moitié des touristes internationaux prenaient l’avion pour se rendre à destination.


La chute mondiale de 370 milliards de dollars des recettes brutes d’exploitation du transport de passagers aériens se répartit comme suit : 120 milliards dans la région Asie-Pacifique, 100 milliards en Europe, 88 milliards en Amérique du Nord, 26 milliards en Amérique latine et aux Caraïbes, 22 milliards au Moyen-Orient et 14 milliards en Afrique.


L’OACI a indiqué qu’à court terme, la perspective d’une atrophie durable de la demande apparaît ; les risques de perte liés à la relance du transport aérien mondial sont prédominants au premier trimestre de 2021, et il est probable que la situation se dégrade encore davantage.


L’Organisation ne s’attend à des améliorations globales qu’au cours du deuxième trimestre de 2021, mais cela dépendra de l’efficacité de la gestion de la pandémie et des campagnes de vaccination.


Dans le scénario le plus optimiste, d’ici juin 2021, les nombres de passagers devraient être revenus à 71 % des niveaux de 2019 (53 % pour les vols internationaux et 84 % pour les vols intérieurs). Un scénario plus pessimiste envisage une reprise à seulement 49 % (26 % pour les vols internationaux et 66 % pour les vols intérieurs).


L’OACI continue à offrir des recommandations et un appui au secteur de l’aviation pour l’aider à traverser cette crise. Ses nouvelles Orientations sur les mesures économiques et financières récapitulent une série de mesures que les États et l’industrie peuvent envisager pour atténuer les problèmes imminents de trésorerie et de finances, et pour améliorer la résilience de l’industrie aux futures crises.

 

Trafic et recettes passagers en 2020, par région

 

 

 

 

 

Ressources pour les rédacteurs
Conséquences économiques de la COVID-19 pour l’aviation civile
Tableaux de bord de l’OACI du transport aérien pendant la COVID-19
Suivi mensuel du transport aérien par l’OACI
Orientations sur les mesures économiques et financières  

 

À propos de l’OACI
Institution spécialisée des Nations Unies, l’OACI a été créée par des gouvernements en 1944 pour appuyer leurs activités diplomatiques dans le domaine du transport aérien international. Depuis lors, les pays ont adopté, dans le cadre de l’Organisation, plus de 12 000 normes et pratiques qui les aident à harmoniser leur réglementation nationale sur la sécurité, la sûreté, l’efficacité et la capacité de l’aviation ainsi que la protection de l’environnement en aviation, et à établir ainsi un réseau véritablement mondial. Les tribunes de l’OACI offrent aussi la possibilité à des groupes du secteur, des organisations non gouvernementales de la société civile et d’autres acteurs du transport aérien officiellement reconnus de faire valoir leurs avis et leurs idées auprès des décideurs publics.

 

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